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Écrits - Diverses fulgurances nocturnes

Notes de nuit

lune

Diverses fulgurances nocturnes I

- Les mots seront toujours perdus et insignifiants, puisque symboliques. Ils éclatent puis s'éteignent pour disparaître dans le néant de leur impossible représentation de la réalité.

 

- Plus la réalité est symbolisée, plus le voile obscur du mysticisme s'étend, et plus les comportements et la perception de ceux-ci sont jugés avec subjectivité et perdent de leur sens devant l'apparente objectivité des informations sensorielles.

 

- Le foisonnement des représentations fausses se retrouve dans l'éternelle symbolique des dogmes aliénant, qui peuvent, hélas, aux yeux de l'homme, paraître de bons compromis pour une compréhension de la réalité grâce à de sombre procédés de fidélisation (dans l'impression d'un dialogue mutuel) à une ou plusieurs divinités qui seraient l'univers et le gouverneraient. L'ignorance étant la cause de ces effets, les êtres disparaissent derrière cet "absolutisme modéré" qu'est la foi envers une simple construction "socio-mentale", qui les détruits les uns les autres dans un sentiment de conquête des esprits, par l'aliénation.

 

- La fluctuation des substances et des particules élémentaires qui font la raison d'un homme, ses émotions et son instinct n'est que réaction à l'histoire de l'univers dans les multiples influences qu'il a sur lui-même.

 

2004

- L'humanité : triste "triomphe" de l'intelligence sur la terre et le reste de ses habitants. Quelle impossible espèce nous faisons ! Nos remparts contre le milieu préservent nos aliénations galopantes. À chaque nouveau jour sa folie, c'est la rançon du post-moderne. Quand nous passons les ornières des chemins de la civilisation, c'est pour défleurer la veuve* et l'orchidée. Ici il y a longtemps que la forêt n'est plus vierge. Destruction : seule manière de survivre dans un monde trop petit pour notre appétit. Dépossession, de l'autre, "l'animal" ou l'inerte, toujours surpassé en violence. Les prédateurs ont décimés les rangs de leurs proies, plus de perpétuation pour elles : ils ont aussi tué leur subsistance. La vie se dévore elle-même.

Est-ce un échec ? La vie est-elle possible, ici ou ailleurs ? L'intelligence est peut-être la plus grosse erreur de la nature. Peut-être va-t'elle se corriger toute seule...

 

- L'amour est un sublime et stupéfiant mobile pour perpétrer ce crime qu'est la vie humaine.

- Le sens est un contenu qui ne se voit pas, caché par le langage. Le sens est immatériel et toujours différent d'un être à l'autre, il n'a pas d'existence propre. La vérité, elle, est cachée à l'homme par tout ce qu'il croit être : sa conscience, reniement de sa matérialité pûre. Savoir ce serait être ce que l'on sait, et c'est impossible.

-Le langage est le masque obligé d'une vérité au visage informe, non anthropomorphe et qui ne connaît pas les symboles.

- La vie... N'est-ce pas de la matière qui s'obstine à s'organiser en système autonome ? Quelle idée saugrenue !

 

 

* L'oiseau

 

2005

Diverses fulgurances nocturnes II

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