Écrits - Vers et poème en prose
Deux petites œuvres en vers. Un poème et une chanson.
Mon coeur en arrêt, je descends à celui d'après
On se tient debout, on regarde droit devant
On voit à la fois les étoiles défiler et les néons nous aveugler
On est beaucoup, on est rêveur, on est dans le train ou ailleurs
D'ailleurs, les étoiles n'en sont pas
Ce sont des lampes, à hauts perchoirs, des fenêtres, des velux
Enfin bref, tout ce qui luit dans le soir
On y voit mieux, c'est le moindre des lux
Ça tremble, ça flageole, faut qu'ça s'relache
Je n'y crois pas, mais celle que je vois
Appuyée à la barre droit devant moi
Fait défaillir mes jambes et mon coeur malheureux
Vient elle de là, vas-t'elle là-bas,
Je l'oublierai bientôt, mais c'est elle que je veux
2002
Elles se ressemblent parfois en tous points
c'est à celui qui trouvera la conjointe
Le plus promptement et bien sûr
Qui aura la fille à l'usure
Nos amours s'enfuient lâchement
C'est la règle des nouveaux amants
Un peu trop exigeantes à mon goût
Pour que l'on se pende à leur cou
il leur faudrait un apollon
et en prime un manteau d'vison
Nos amours s'enfuient lâchement
C'est la règle des nouveaux amants
Belles à vous donner le tournis
Elles hantent parfois mes longues nuits
Belles à vous faire voyager
Elles te laissent désespéré
Nos amours s'enfuient lâchement
C'est la règle des nouveaux amants
Faire des prouesses physiques
Offrir un moment extatique
Pardon mais moi j'ai mal au dos
Et on me dit que je fume trop
Assurer la conversation
Parler culture avec passion
Ce n'est je crois pas trop ton truc
Toi tu préfère remuer ton uc
Nos amours s'enfuient lâchement
C'est la règle des nouveaux amants
Jeunes femmes en devenir
Petites stars à divertir
Ne prenez pas trop le melon
Vous aller faire fuir les garçons
Vos copains gays ont tout compris
Ils ne réclament plus votre lit
Ne vous étonnez plus mesdames
Qu'un homme fasse chavirer leur âme
2007
Dans le salon, ce sont deux fenêtres aux paupières mi-closes. Voyant sur les toits brulés par le ciel qui pèse de tout son feu sur la taule et le plomb, les reflets de l'astre dont elles supplient qu'il se repose. Le matin chaud se réveille effrontément ! Il n'a que faire de celui qui attend le couchant.
Passé le soir, fermant les yeux, la moiteur persiste, sourde aux lassitudes des corps rompus par une journée écrasée de soleil. Des deux battants des volets clos, le chahut de la rue parvient en écho. Roulements de voitures, miaulements des portes, cris imperceptibles et frappes de pas, feutrées par les obstacles retenant leur éclat. Des chants tantôt paillards, tantôt pieux, d'ivrognes de boisson ou d'ivrognes de Dieu.
Quand la fraîcheur le permet, c'est pourtant tout un monde qui s'offre à l'œil à l'heure de la clarté. "On voit le rocher des singes !" s'amuse-t'elle à répéter. On le voit ! Et le ciel. Et mille choses inertes agencées par les Hommes. Des églises à la gloire des saints, un musée à la gloire du blasphème, un bois lointain surplombé de tours en béton dont les parois font un miroir à l'astre du jour qui ignore la vie qu'il a fait naître aux nues alentour.
Remplie de voix et de guitares, Notre Dame de Bonne Nouvelle vient buter le regard. Un temple au sein duquel j'ai appris l'amour du Divin, jusqu'à ce que mon regard perce, plus loin, aux confins de moi. Là où je regardais Dieu, je vois alors la profusion dans l'émoi. Là où l'on célèbre l'ascèse, trônent à foison or, étoffes ouvragées et calices obscènes. Là où l'on loue l'immensité, les cœurs se diminuent dans la soumission docile. Je n'en entends plus que les psaumes déguisés en berceuses graciles. Et je prie de ne les aimer que pour ça.
Une fenêtre montre bien des choses que les yeux ne voient pas.
2010
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